Devant la vie
Sont regroupés ici quatre sortes de textes
Ceux relatifs à la condition féminine, au rapport femme/homme, au couple, au mariage, à la famille ; ces thèmes, pour être souvent liés n’en sont pas moins distincts. Les textes sont datés, ils correspondent à des étapes de sa pensée. Beaucoup ont été publiés dans des revues extrêmement diverses. Quelques-uns ont été trouvés dans des notes, tel celui qui réfléchit, avec toutes les nuances nécessaires au « couple sacerdotal » et qui remonte à l’année 1966 ou tel encore celui qui critique la notion de complémentarité entre l’homme et la femme, de 1976.
Les textes du deuxième groupe remontent aux années 1980. La prise en main de la boutique de sa mère l’amène à réfléchir à la question des jouets et des jeux Comme à chaque fois que Marie-Odile découvrait un domaine elle s’y investissait à fond. Le jour où elle découvrit Sade elle le lu en entier, de même Michel de Certeau, Kierkegaard et d’autres. Elle va faire le lien entre la pratique des enfants et l’anthropologie concernant la mimésis et le grotesque.
Le troisième groupe n’a pas besoin d’être longuement présenté. L’amitié constituait, si j’ose dire, son milieu de vie et l’amour entre la femme et l’homme devait en être empli, comme l’écoute du psychanalyste.
Le dernier ensemble de textes est un recueil que je nomme lectures. Après un spectacle qui l’avait saisi, ou une œuvre d’art, ou un livre marquant, elle éprouvait le désir d’écrire à leur propos, se laissant aller à sa fantaisie poétique ou à sa lucidité critique .La préface à la Petite vie de Pascal que j’ai placée en tête de ce quatrième groupe de textes constitue le plus bel exemple de l’originalité profonde avec laquelle elle pénétrait une œuvre.
La question du couple et des révolutions de la famille a été majeure dans sa quête d'être femme et femme de son siècle. Elle a ainsi travaillé l'histoire et l'anthropologie pour donner son vrai dimension à la sexualité et au face-à-face de l'homme et de la femme.
L'amitié devait être à ses yeux comme l'enveloppant de toute relation, y compris la relation amoureuse. L'amour fou pour attirant qu'il soit ne peut durer. Elle avait retenu la conception des anciens grecs mais aussi l'expérience de l'amour courtois dans lequel en outre c'est la femme qui dirige les élans et la pratique. L'amitié permet à tout amour de s'élever à l'universel et s'étend à une multitude.
Ayant transformé le magasin de sa mère en boutique de jouets, elle anima des groupes d'enfants qui expérimentaient ce qu'elle vendait. Sa passion pour les figurines, le grotesque, les formes propices à l'imagination, l'amena à théoriser la nature et l'histoire des jouets.
Quand un écrit, surtout d'amis, la touchait elle n'hésitait pas à en faire ne note de lecture, qu'elle publiait parfois, notamment dans la revue Esprit, ou qu'elle laissait dans un cahier ou un tiroir.